Christine Robalo, Pierre Gautrand, le Tuesday 20 October 2026Les meilleurs restaurants coréens de Paris
1. MOJJU | Le restaurant coréen de Thibault Sombardier à Paris
C’est une petite révolution de palais qui confirme l'irrésistible ascension de la K-food dans la capitale : hier encore chasse gardée des seuls enfants du pays, la cuisine coréenne séduit désormais les chefs de souche hexagonale. Parmi les meilleurs restaurants coréens de Paris, Thibault Sombardier, transfuge remarqué de Top Chef (Sellae, Anne, Mensae), franchit le pas et ancre cette nouvelle aventure face à la massive ambassade de Roumanie.
Un choix guidé par une passion commune, le chef et sa compagne partageant un amour de longue date pour la culture et la gastronomie du Pays du matin calme. Le décor esquive le piège du folklore d'importation, préférant instiller de subtiles touches asiatiques, comme ces banquettes recouvertes de tissu façon Chintz ou ces estampes suspendues, sur les fondations d'un bistrot bien parisien, rigoureusement campé sur ses tables de bois et son comptoir d'étain.
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La salle du restaurant Mojju, un des meilleurs restaurants coréens de Paris © Mojju
L'immersion commence tout en fraîcheur par un délicieux bouillon glacé au concombre, indispensable béquille thermique dans une salle privée de climatisation. La carte s'articule ensuite de façon très lisible selon un triptyque bien français (entrées, plats, desserts) que le jeune directeur de salle, Étienne Clayes, anime avec brio avec un mot chaleureux pour chacun. En cuisine, le chef Sombardier a placé un homme de confiance, Hosub Im, qui veille sur la braise comme le lait sur le feu. Côté préambules, le tartare de bœuf au nashi, sésame et jaune d’œuf s'avère d'un fondant mémorable sur son croquant de riz frit. Quant au chou-fleur Korean Fried, bien que moins renversant, il aiguise joliment la curiosité pour la suite grâce à sa mayonnaise au miso.
L’exercice du feu, de son côté, emporte l'adhésion générale. Le barbecue au charbon de bois délivre une échine de porc à la cuisson d'une justesse irréprochable. Suivant le rituel du ssam, la viande se love dans des feuilles de salade croquantes, escortée d'une dînette de banchan fort amusante et bien troussée, où le kimchi et autres choux fermentés débarquent aux côtés d'une canette maturée au miso ou d'un turbot laqué. On escorte ces bouchées vives d'un surprenant pesto de wasabi ou d'une sauce miso divinement condimentée. En point d'orgue, la crème au sarrasin grillé et son caramel de soja offre une relecture généreuse, mais c'est la mousse au chocolat, dessert signature de Thibault Sombardier, ici sublimé d’une glace au sésame noir, qui emporte définitivement la mise par sa gourmandise. Un beau moment de table à escorter d'une intrigante sélection de nectars.
Verdict : Le ramage vaut le plumage. Sombardier signe, avec la complicité d'Hosub Im, un restaurant dans le quartier des Invalides de haute volée où le feu de bois fait toute la différence. Mention spéciale pour l'accueil vibrant d'Étienne Clayes et la justesse des assiettes. On y court sans l'ombre d'une hésitation.
Le prix : Entrées à partir de 12 euros, plat à partir de 24 euros, menu dégustation 69 euros.
MOJJU de Thibault Sombardier
4, rue de l’exposition, Paris 7e
Site officiel de l’établissement
2. Soon Grill Champs-Elysées | Le meilleur barbecue coréen de Paris
Ce restaurant près des Champs-Élysées s'offre une éclatante mise sur son trente-et-un. Le chef Sung-Hak Han y rend un hommage d'une grande délicatesse à sa mère, dont le prénom, Soon, signifie pureté. Une vertu traduite dans l'espace : un écrin sobre et épuré qui flirte avec les lignes d'une galerie d'art contemporain entre pierres de taille, granit et suspensions design. C’est ici, dans ce temple de la rive droite couru des esthètes de la mode, des expatriés chics et des célébrités de passage - de Sofia Vergara au chanteur V du groupe BTS - que le barbecue coréen s'élève au rang de haute voltige culinaire. Pas la moindre effluve de graillon ne vient ici troubler l'atmosphère, tant le système d'aspiration s'avère discret et efficace.
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Les meilleurs restaurants coréens © Soon Grill Barbecue Champs-Élysées
La partition s'ouvre sur des succulents mandoo, ces raviolis grillés à la pâte translucide, suivis de propositions plus rares comme le kimchi tsigué, un pot-au-feu de porc pimenté d'une remarquable profondeur, ou le bibimnaengmion, d'exquises nouilles de sarrasin froides et piquantes. Mais le cœur du sujet crépite au centre de la table, là où des serveurs attentionnés, à l'élégance vestimentaire étudiée, veillent sur des viandes de haute compétition. L'éventail des morceaux donne le vertige : une entrecôte d’Aubrac persillée, un divin faux-filet de Simmental maturé quarante jours, ou encore une exceptionnelle entrecôte de bœuf de Kobe nippon pour les bourses les plus déliées.
Guidé par un astucieux manuel glissé dans le menu, l'art du ssam, qui consiste à envelopper sa viande grillée et ses condiments saisonniers (kimchi, racines de lotus ou daikon) dans une feuille de salade croquante, devient un jeu d'une grande fluidité. Le voyage se prolonge jusqu'aux desserts avec des créations métissées de haute tenue, comme le parfait glacé aux céréales baptisé Guleum (Nuage) ou un très réussi soufflé glacé au yuzu. Pour escorter ce festin, la maison délaisse le sentier battu des bières asiatiques pour proposer une cave de haute volée.
Le verdict : Le barbecue coréen trouve dans ce restaurant du 8e arrondissement une expression aristocratique. Une table d'esprit et de goût qui réconcilie merveilleusement la tradition séoulite et l'élégance parisienne.
Le prix : menu dégustation en 7 plats à partir de 88 euros.
Soon grill Champs Elysées
10, rue du Commandant Rivière, Paris 8e
Site officiel de l’établissement
3. La Table de Mee | Un restaurant coréen à Saint-Germain
Après la rive droite, la famille Gwon traverse la Seine pour amarrer son nouveau « sophistroquet » au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Les murs grattés et le comptoir boisé encadrent un espace doublement orchestré : d’un côté, l'intimité des tables classiques ; de l'autre, le spectacle vivant des convives attablés autour du gril où œuvre le chef. Le manifeste de la maison, dédié aux amateurs « de la culture de la cuisine et de la cuisine de la culture », résonne d'emblée comme une bien belle invitation au voyage.
L’immersion débute tout en fraîcheur avec la yoleum, épatante salade de concombre, tomate et algue, suivie de généreux gajii tuigimm, des beignets d'aubergine dorés à souhait et escortés d'une sauce piquante fort réveillée. Les amateurs de textures soyeuses opteront pour les japchäe (vermicelles sautés au bœuf) ou pour l'impeccable poulet frit croustillant.
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Escale germanopratine aux accents de Joseon © La table de Mee
La suite confirme la justesse du propos à travers des plats hautement réconfortants. L'option maritime surprend par son esprit fish and rice, mariant merlan pané et riz grillé au beurre de Guérande. Mais c’est le so galbi jjim qui emporte l'adhésion : un ragoût de bœuf d'une tendresse infinie dont les parfums profonds évoquent les grands bourguignons de nos grands-mères. En point d'orgue, la douceur s'invite sous la forme d'une glace vanille poudrée de sésame noir et de quelques hangwa, ces biscuits traditionnels de riz soufflé. On quitte le comptoir le palais comblé.
Le verdict : Une table d'une sincérité désarmante qui évite l'écueil du folklore.
Le prix : Entrées à partir de 9 euros, plat à partir de 18 euros.
La Table de Mee
6, rue des Ciseaux, Paris 6e
Site officiel de l’établissement
4. Mandoobar | La haute couture du ravioli coréen à Paris
Né au milieu du béton séoulite, le chef Kim Kwang-Loc a gardé de ses étés à la campagne, chez ses grands-parents agriculteurs dans la région de Chungcheong-do, un sens aigu de la poésie bucolique. Sa cuisine se nourrit de ces résonances intimes : les parfums de la rizière, le souvenir de la Voie lactée observée depuis le puits du village, et la soupe de poissons d'eau douce que son père mijotait au bord de la rivière. Dans son écrin, où les briques rouges épouse un comptoir en bois clair, la bande-son langoureuse et le décor dépouillé ne doivent rien au hasard ; ils recréent l'ambiance de ces moments suspendus. Une douzaine de places assises seulement accueillent les initiés venus célébrer une cuisine d'une délicatesse absolue.
Le chef livre une interprétation magistrale du mandoo. Enveloppée dans une pâte diaphane, chaque farce est un modèle d’équilibre aromatique, à l'image du Yatchee (chou asiatique, tofu et pousse d'ail) du Dac associant le poulet au fenouil et au shiso ou du traditionnel Kimchi mandoo mêlant porc et chou lacto-fermenté. La suite du voyage se décline à travers une impressionnante collection de tartares travaillés à la trame fine. Le rumsteak s'y déploie en version classique à l'huile de sésame ou façon barbecue mi-cuit flanqué de radis coréen, tandis que le maquereau s'anime au contact de l'herbe aromatique hyangyu et d'œufs de truite. La dorade royale, relevée de poivre coréen chopi et de sarrasin, confirme la technicité diamantaire d’une table entièrement faite maison, où les herbes traditionnelles dictent leur loi. Pour escorter ces assiettes de haute précision, l’intrigant becsé-ju, un alcool de riz gluant fermenté aux épices, s'impose comme une évidence.
Le verdict : Un minuscule temple du goût qui frôle le sans-faute. Le système de réservation relève certes du parcours du combattant, mais la virtuosité des tartares et la pureté des raviolis valent largement le sacrifice de l'espace vital.
Le prix : Entre 11 et 17 euros.
Mandoobar
7, rue d'Edimbourg, Paris 8e
Site officiel de l’établissement
5. Yory | La petite cantine coréenne qui a tout bon dans le 9e
Les murs laissés à vif et tapissés de réclames vintage posent le décor de ce restaurant installé rue de Maubeuge. Le duo Grégory Vachet et Yeo Hyun y propose une cuisine de l’instant, sincère, qui résonne comme un retour aux sources. Si le bibimbap s’y décline avec une régularité rassurante, c'est l'ardoise du jour qui retient toute l'attention. Ce jour là, le bouillon au poulet et shiitakés, habité par des raviolis de porc fermier, affichait une belle honnêteté aromatique, sans chercher à révolutionner le genre.
Le kimchi maison, de son côté, joue une partition plutôt sage, ce qui conviendra aux palais redoutant le trop plein de piment. Le repas s'est prolongé sur une note sucrée fort réconfortante : une crêpe coréenne épaisse et moelleuse, recélant en son sein un cœur de sucre brun fondu et joliment caramélisé. Pour la soif, la maison joue la carte locale avec une bière IPA Bap Bap ou propose de jolis flacons bios et nature hors carte.
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La nostalgie réconfortante de la cantine de poche coréenne © Yory
Le verdict : Une honnête interprétation de la cuisine bourgeoise version Séoul, sans chichis et correctement troussée. Si certaines assiettes gagneraient à afficher un brin de relief supplémentaire dans leurs assaisonnements, l'adresse s'avère un refuge tout à fait recommandable pour s'offrir une pause déjeuner d'une grande lisibilité.
Le prix : Entrées, à partir de 5 euros, plats à partir de 9 euros
Yory
1, rue de Maubeuge, Paris 9e
Site officiel de l’établissement
6. On the Bab | La K-food londonienne prend ses quartiers dans le 1er
Plus besoin de traverser la Manche pour aller chez On The Bab (comprenez « servi avec du riz »). Linda Lee, la papesse de la K-food à Londres (elle affiche plusieurs établissements branchés qui ne désemplissent pas), est partie à la conquête des Parisiens. À deux pas de la rue Sainte-Anne, une ribambelle de plats venus tout droit des rues de Séoul les attend. On the Bab s’inscrit dans la nouvelle mouvance de la K-food. En lieu et place d’une ancienne cantine coréenne à la mine grise, la version frenchie d’On the Bab est une adresse « hype ». Dans une déco acier, béton et tubulure apparente, on baguette des raviolis grillés, des galettes de fruits de mer, des boulettes de riz frites au kimchi et au fromage ; des makis de vermicelles frits. Et des classiques : bibimbap, ragoûts épicés de tofu, poulet frit à saucer dans une mayo à l’ail ou encore buns fourrés de bœuf bulgogi, façon BBQ coréen. Accompagnés de Kirin blonde (japonaise), de Kloud ambrée, de vin de mûres ou de prunes de Corée, d'un jus d'aloe vera pour parfaire l'exotisme. Les recettes de ce restaurant coréen à Paris sont authentiques, la carte abordable, les plats joliment présentés dans des dochiraks (bentos coréens) traditionnels des années 1960. On partage pour tout goûter après avoir commandé à l’aide d’une feuille et d’un crayon à papier.
On the Bab
18, rue Thérèse, Paris 1er
Site officiel de l'établissement
7. Seoul Mama | La Corée version bistrot
A deux pas du Jardin du Luxembourg, Seoul Mama est une cuisine comme à Séoul, servie à la façon d’un bistrot parisien. Déco de coffee shop vintage, carrelé de vert. Aux manettes, deux chefs, Manoj Sharma l’Indien et Sang Mi Lee la Coréenne. À la carte de ce restaurant coréen à Paris, des créations colorées gourmandes et réjouissantes, pensées pour être partagées. Entre street-food coréenne remasterisée, plats plus traditionnels et traits d'union entre la France et la Corée ! Comme cet egg gochujang, œuf parfait, salade de pommes de terre, lardons fumés et sauce gochujang ou ce tartare de veau, crème de kimchi et pommes paille.
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Seoul Mama © DR
Le fameux Korean Fried Chicken (KFC), signature de la maison, est accompagné d’une sauce aigre douce, de cacahuètes et de pickles de radis ; le poulet frit, de pommes de terre sautées, feuilles de céleri et vinaigrette au gochujang. Présenté dans sa cocotte, le secreto de porc ibérique est servi avec une sauce ssamjang. Si vous n’êtes pas d’humeur à partager, le bibimbap, interprété à sa façon par le chef est renommé dupbap. Pour les amoureux des légumes, aubergine grillée, crème de tofu, sambaing vinaigrette, sésame et crumble de cacahuètes. Chaque plat est un étonnement. En dessert, ne passez pas à côté du Gochujang brownie, gâteau au chocolat et à la pâte de piment fermenté. Une pépite !
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Seoul Mama © DR
Seoul Mama
245 bis, rue Saint-Jacques, Paris 5e
Site officiel de l'établissement
8. BONG 15
Dans le 15ᵉ arrondissement, BONG s’impose comme l’un des restaurants coréens de Paris les plus conviviaux. Depuis 2004, cette adresse de quartier séduit par son barbecue coréen, à préparer soi-même au centre de grandes tables, entre amis ou en famille. Dans une ambiance simple et chaleureuse, loin des codes ostentatoires, on partage grillades de bœuf mariné, travers de porc ou poulet parfumé aux épices, accompagnés de riz, soupes et condiments typiques. La carte déroule aussi les classiques : bibimbap, ragoûts épicés, raviolis grillés… Victime de son succès depuis son passage dans ELLE à table, mieux vaut réserver !
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© Pierre Gautrand
BONG 15
42, rue Blomet, Paris 15e
Site officiel de l'établissement
9. Misu | Le restaurant coréen à Paris qui met le bansang à l'honneur
Dans le paisible quartier Falguière du 15e arrondissement parisien, Misu est une adresse empreinte de calme et d'authenticité, décoré de meubles clairs et d’un superbe bonsaï.
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Misu Paris © YONDER Pierre Gautrand
L'expérience gastronomique contemporaine délaisse les plats classiques pour mettre à l’honneur le Bansang - festin traditionnel dressé pour le roi et les nobles de l'époque Joseon - composé de riz et d’un assortiment de petits mets autour d'un plat de Boulgogui de porc, bœuf, poulet, ragoût épicé ou encore de sauté de champignons et crevettes. Les entrées ne sont pas en reste tels les beignets de crevettes à la sauce pimentée aigre-douce, tartare de bœuf au couteau, raviolis grillés au poulet mais aussi des Toppoki royal, des petites pâtes de riz, légumes, sauce soja légèrement sucrée, au bœuf ou en version végétarienne. Entrées entre 8 euros et 13 euros, Bansang de 17 à 22 euros.
Misu
8 bis, rue Falguière, Paris 15e
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10. SÉTOPA | Le restaurant coréen signé par deux chefs étoilés
Aux commandes de ce néobistrot coréen, la restauratrice Linda Lee s'est entourée de deux grandes signatures de la gastronomie séoulite, les chefs étoilés Mingoo Kang et Chang-Ho Shin, pour imaginer une carte qui fait dialoguer les traditions coréennes et les codes de la cuisine contemporaine. En guise d’amuse-bouches, on est séduit par le Bugak, racine de lotus, pomme de terre et algue. Le Nengchae (poire coréenne, asperge, crevettes, fruits de saison et pignon) apporte une note rafraîchissante. Les amateurs de saveurs épicées se tourneront vers le Hyodo Dak, poulet, piment de Padron accompagné de petit anchois, un aliment très populaire en Corée. A suivre côté plats, le Galbi Jjim, côtes de bœuf, légumes et sauce soja maison accompagné d’une salade de Kimchi blanc incarne la fusion parfaite des deux cuisines. La crème brulée revisitée au soja jaune finit de convaincre. Une adresse que l’on recommande sans hésitation.
SÉTOPA
6, rue Dupuytren, Paris 6e
Site officiel de l'établissement











